Le blocus: une arme qui frappe aussi les Étasuniens
Radio Habana Cuba
02-11-04
Le blocus condamné largement à l'Assemblée Générale de l'ONU le 28 octobre a des conséquences à double sens, nous revenons sur cette question en compagnie de la personne la plus apte dans notre pays à parler des relations avec les États-Unis.
Ricardo Alarcon qui est actuellement Président de l'Assemblée Nationale a pendant de longues années représenté notre pays aux Nations Unies où il a occupé jusqu'au poste d'ambassadeur. Il est un spécialiste des États-Unis et des relations houleuses qu'ils entretiennent avec Cuba depuis qu'ils ont exprimé pratiquement dès leur naissance la volonté d'annexer d'une manière ou d'une autre notre île. Depuis 62, nous sommes victimes du blocus qui a des conséquences quelquefois insoupconnées. Le Festival international de Ballet se déroulant en ce moment dans notre pays, Ricardo Alarcon avait un exemple tout trouvé:
" Beaucoup d'Étasuniens - ils sont de plus en plus nombreux - comprennent que le blocus à pour but de nous écraser, de détruire Cuba, mais en poursuivant ce but, cette politique affecte non seulement le peuple cubain mais d'autres personnes aussi et le cas du festival de ballet est en exemple. Les Étasuniens sont privés de voir le Ballet National de Cuba et, sans connaître cette compagnie, il est impossible d'avoir une vision complète de la danse classique dans le monde. L'American Ballet Theater de New York a occupé une place très importante dans la carrière d'Alicia Alonso, la directrice du Ballet National. À New York, les gens du monde du ballet, les passionnés de danse classique en gardent un souvenir très vif. C'est pourquoi elle a été invitée à l'anniversaire de l'American Ballet Theater. À ce moment-là, les autorités étasuniennes ont été obligées de lui donner le visa.
Maintenant, de nombreux Étasuniens qui voudraient prendre part à ce Festival International de Ballet de La Havane ne peuvent pas le faire, pas seulement des danseurs. Pourquoi les Étasuniens n'auraient-ils pas le droit de prendre un avion et de venir assister ici, comme spectateurs, à ce festival ? Des milliers viendraient sans aucun doute.
Le seul peuple au monde qui est privé des deux choses est le peuple étasunien car le Ballet National de Cuba fait le tour du monde et le public de nombreux pays a connu le plaisir de voir les danseurs cubains sur scène et des représentants d'autres pays viennent ici, à La Havane. Même le programme de ce festival serait interdit de circulation aux États-Unis car c'est un document de la culture cubaine au même titre qu'un film vidéo sur une des soirées de ce festival. De telles interdictions ont pour but de porter préjudice aux Cubains mais elles portent préjudice aussi à des secteurs très importants du peuple des États-Unis. Peut-on penser que la majorité des intellectuels, des artistes, des gens qui vont au Carnegie Hall ; des gens qui suivent l'American Ballet Theater, de New York approuvent de telles interdictions ? Bien sûr que non. C'est tout le contraire ! Une telle politique devient de plus en plus insoutenable, elle est de plus en plus difficile à maintenir".
Ricardo Alarcon est revenu sur le vote de l'Assemblée Générale des Nations Unies qui a adopté jeudi dernier par 179 voix contre 4 la résolution exigeant la levée du blocus de Cuba:
" C'est pourquoi ce qu'il y a d'important dans le résultat du vote à l'Assemblée Générale de l'ONU est qu'il reflète un niveau de consensus universel très élevé. Les seuls pays à avoir voté contre la résolution demandant la levée du blocus de Cuba ont été Israël qui a des engagements très forts envers les États-Unis et les autres, les Îles Marshall et Palau sont en réalité des semi-colonies. Ils ont un statut semblable à celui de Porto Rico et ce sont d'ailleurs les États-Unis qui les représentent. Cela aurait été absurde s'ils n'avaient pas voté de la même façon que les États-Unis. Selon les termes de leur constitution, ce sont les États-Unis qui dirigent la politique extérieure de ces pays et de la Micronésie qui, elle, s'est abstenue. Quand je dis les États-Unis je veux dire les gouvernants étasuniens car la majorité des membres du Congrès est contre cette politique. Ils viennent de le confirmer de nouveau."
Ricardo Alarcon a relevé à propos de la portée du blocus:
" Il n'épargne aucun secteur. Il affecte la science, le sport et toutes les autres activités humaines, c'est une politique totalement irrationnelle et qui a, de plus, une caractéristique : un nombre croissant de personnes y compris ceux qui maintiennent le blocus comprennent qu'elle est vouée à la disparition. Nous sommes donc à un moment dangereux car l'attitude normale, lorsque quelque chose échoue, est certes d'être mécontent mais de chercher des alternatives. Il y en a d'autres qui n'ont pas cette attitude, qui réagissent comme un animal blessé. Il y a une chose qui a beaucoup attiré mon attention dans le discours du représentant des États-Unis à l'Assemblée Générale, il a répété ce qu'il a dit tous les ans. Il a terminé son intervention en disant "nous allons voter contre la résolution et nous appelons tout le monde à en faire autant". Il est fou à lier, il ne savait pas que, à ce moment-là, la quasi unanimité des pays avaient décidé de voter la résolution ? Il a donc souligné un échec, une réaction d'impuissance qui peut amener les États-Unis à faire des choses encore plus stupides. Il y a en ce moment des actions pour couper les contacts intellectuels, culturels, les contacts dans tous les domaines qui réellement va bien au-delà de l'économie et de la politique."
À propos des perspectives de levée du blocus, le Président de l'Assemblée Nationale a signalé:
"On a beaucoup parlé des 70% de Cubains qui sont nés sous le blocus, c'est à dire que seulement 30% des Cubains qui vivent aujourd'hui ont connu l'avant-blocus. Mais je suis sûr que 100% d'entre eux vont assister à sa fin."
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